Alexander McQueen, collection croisière 2010
Jeudi, septembre 3rd, 2009





Avec les éléments comme les moyens qui sont à leur disposition, les grands créateurs se reconnaissant toujours par le fait qu’ils pensent leur couture. En quelques dizaines de modèles, comme un livre vivant qui se feuillette, la collection en tant qu’ensemble incarne ce processus et, lors du défilé, la passerelle est son lieu d’exposition. Pour cette collection croisière, Alexander McQueen a choisi de reprendre quelques ingrédients qui le travaillent depuis quelques temps déjà: l’imprimé géométrique, du pigment déversé qui forme des traînées de couleur voire des simples taches, le dessin en arabesque et le modelé. Ces éléments constamment présents dans cette collection prennent la place de dominantes ou de subordonnées selon le modèle. Concernant les couleurs qui restent le plus souvent basiques, elles ne font parfois que donner le ton général. Au fil du voyage, le corps, loin d’être un élément passif, devient support, lieu d’accueil sur lequel s’inscrivent les lignes et les formes; il est prêt à apparaître ou disparaître selon le cas.
La collection s’ouvre sur une série de modèles extrêmement graphiques qui, comme une gigantesque fresque murale, recouvrent les corps avec de larges bandes de couleurs. Dessin imposé au corps qui le travaille jusqu’aux limites de sa disparition physique. Dès lors, c’est une autre évanescence qui fait son apparition, celle causée par la couture même. Plus sculpturale, elle enveloppe le corps en lui superposant une identité faite de tissu. Forme nouvelle comme artificielle, elle est posée sur la chair. L’ordre se transforme en désordre. Sur cette carcasse de tissu devenue toile à peindre sont projetés des éclaboussures de peinture. Acte créateur expressionniste par excellence, geste furtif d’une main agile qui confie pour un instant la forme au hasard. Des traces de couleur marquent les modèles en semant le doute. Mais comme une barrière, le tissu s’érige en rempart. Le chaos n’est que superficiel. Des surfaces entières se noient dans la peinture pour devenir couleur pure. Au fur et mesure que le récit avance, les idées s’entrelacent comme des palpitations effectuant des allers et retours. Avant que le défilé ne se termine sur des robes plus classiques, le dessin s’immisce en couvrant tissu comme peau semblable à une toile d’araignée. Bête fantastique, tatouage d’un jour, vous voilà débarqué dans l’atelier du peintre.

Catégorie Collections femme / Tags: Tags: Alexander McQueen, collection croisière 2010, mode, resort collection, /
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Noel Stewart, AH 09/10
Ann Demeulemeester, AH 09/10
Stephen Jones pour Dior, AH 09/10
Prix de Diane 09, photo
Stephen Jones, AH 09/10



Vivienne, copyright Wolford
Leticia, copyright Wolford
Entrer dans une boutique Agent Provocateur est un grand spectacle; non seulement pour la lingerie, mais surtout pour l’allure des vendeuses. Souriantes, elles vous accueillent dans leur rose de travail. Imaginez une blouse d’infirmière en plus hyper sexy, du genre à redonner vie aux moribonds. Un ample décolté en V, une ouverture béante, par laquelle un regard impertinent peut facilement percevoir la dentelle du soutien-gorge. Les trop rares boutons parsemés qui la ferment ne peuvent pas empêcher la jarretière de surgir à chaque occasion. Il est vrai que le monde manque de bonheur et montrer ses sous-vêtements en génère. Bientôt, on pourra éditer un guide spécialement dédié à ces vendeuses au charme particulier car il ne faut pas croire qu’elles soient partout pareilles. A Paris, elles sont très policées, on les croirait presque timides si l’une d’entre elles ne m’avait avoué qu’elles font retoucher leur tenues afin de les racourcir. A Londres c’est tout autre chose. Pourvues de tatouages sur les bras et parfois même sur les jambes, elles prennent l’initiative, vous happent dès votre arrivée en quête de vos moindres désirs. C’est le sens et le charme du business anglais. Détail piquant, certains jours, elles portent les fameux bas rouges de la maison, alors là, c’est vraiment une journée particulière. Mélodie irrésistible à laquelle le visiteur est obligé de résister car les hommes comme les femmes sont fascinés par ces robes, même si ce n’est pas pour les mêmes raisons. Malheureusement pas à la vente, une copine à moi est en train d’en faire une maladie. Ce qui se comprend car même les flamants roses en tombent amoureux. Vouloir plaire et plaire, c’est la dialectique qui occupe les rapports entre les deux sexes, probablement depuis toujours. Libérés, nous pouvons enfin goûter au fruit interdit ne serait-ce que du regard, sans culpabilité ni complexe. Il faut en profiter et tant pis pour les autres.















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