Un billet hard
novembre 15, 2009 à 17 h 18 min , par Maurizio Rofrano
Gianvito Rossi, AH 09-10
Alors que cette saison, les cuissardes sont sur toutes les bouches, moi je pense à Jean Laforgue. Le professeur de français du début du XIXème siècle est surtout célèbre pour avoir épuré la première édition contemporaine des Mémoires de Casanova; l’oeuvre originale étant jugée à l’époque beaucoup trop crue et donc impubliable en l’état. Dans son Casanova l’admirable, Philippe Sollers s’est longtemps arrêté sur le travail de cet « arrangeur littéraire ». Le travail de Laforgue consista à dissimuler les formules trop explicites dans l’oeuvre du Vénitien. Sollers cite un certain nombre de ces arrangements dont celui-ci tout à fait succulent: une femme, bien entendu, ne se masturbe pas, elle « se fait illusion ». Jamais le professeur n’aurait pu imaginer à quel point il allait faire œuvre de littérature en inventant une expression pour les siècles à venir. De purement formel, le travail de Laforgue est devenu désormais donnée de fond. Nauséabondes, les cuissardes n’obéissent pas simplement à une logique de provocation mais au contraire elles génèrent de la chair qui se donne à voir dans toute sa brutalité. Les cuissardes sont des souliers de pute. Et non de salope. Corps sexuel devenu bestial, dénudé de sa coque symbolique avec laquelle on a essayé de le cacher depuis des siècles. Mais afin de rendre les cuissardes acceptables au plus grand nombre on les a adoucies en rabotant le talon comme la forme afin de gommer les origines. Ainsi minorées elles deviennent inutiles car banales. Chaussures de boue, les cuissardes sont porteuses de sens et ne tolèrent pas la demi-mesure. Vouloir les neutraliser c’est avant tout se trahir soi-même. Pas de compromis, on investit ses désirs ou on les change, et tout le reste n’est que tartufferie. La mode peut être un grand outil de sublimation, Jean Paul Gaultier vient de nous en offrir un magnifique exemple avec son dernier défilé. Au prix du respect tous les sujets sont traitables. Quand le sexe est partout la question urgente est de savoir comment en préserver son authenticité. Et là, Laforgue n’est pas loin car les puritains ne sont pas toujours ceux que l’on croit.

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par odalisque
le novembre 18, 2009 à 21 h 28 min
C’est d’autant plus subjuguant que l’émotion nait de la non expression (car trop de connotation) et que nous, spectateur nous plongeons en l’oeuvre pour la devenir, se devenir, se définir.
par dan'
le novembre 20, 2009 à 2 h 50 min
La cuissarde est chic, la cuissarde est choc, que dire de plus sur cette haute chausse très originale.
De la botte cavalière aux genouillères elles deviennent interminables et incontournables.
Les cuissardes plus ou moins tendances selon les années et comment elles seront associées. autrefois réservées à la gente masculine, elles sont devenues au fil du temps une institution féminine sine qua none.
Du fétichisme à la fashion attitude… Elles deviennent de plus en plus nobles malgré certaines années où elles étaient assimilées à la vulgarité et déterminées la fille de joie.
Elles avaient eu pourtant leur première apparition de noblesse dans les années 70 grâce aux créateurs Roger Vivier, Louis FERAUD, Yves Saint Laurent, Paco Rabanne, Courrèges ou Pierre Cardin.
La cuissarde est chic ou choc, ne manque pas d’assurance, question de galbe , de démarche et de style , elle n’était pas glamour elle le devient forcément. Conclusion pour cette rentrée: Qu’elle ne fasse pas de « faux pas ».
par Libertin_123
le novembre 20, 2009 à 21 h 37 min
Ah ! Casanova !
Dans l’imaginaire universel, il est notre maître à tous, libertins de toutes origines.
Quel séducteur, et quel aventurier !
Merci de le citer à l’occasion de cet obscur objet de désir que sont les cuissardes.
Celles que tu montres sont d’ailleurs bien ambiguës je trouve, et cela en fait tout le charme.
L’élan vertigineux de leur silhouette est contrarié par le velouté du matériau utilisé et la douceur des courbes de la pointe et du talon.
Car enfin on ne sait plus, doit-on être inconditionnellement séduit ou irrémédiablement (mais tout de même plaisamment lorsqu’on est comme moi un habitué des perversions les plus osées) choqué par une telle parure ?
Les cuissardes viennent en effet prendre la cheville, enserrer le mollet, couvrir le genou, et enfin caresser la cuisse comme le ferait le meilleur des amants passionnés.
On comprendra alors aisément le plaisir qu’un homme prendra à la vue d’une femme ainsi chaussée.
Alors oui, le corps devient sexuel à outrance et exerce son attraction sauvage à laquelle il est bien difficile de résister…
par Amylee
le janvier 4, 2010 à 13 h 49 min
Je te souhaite une très belle année 2010 riche à tous les niveaux, en santé, en harmonie intérieure et en réussite professionnelle