John Galliano Homme, PE 2010

novembre 12, 2009 à 17 h 00 min , par Maurizio Rofrano

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John Galliano fait partie des ces quelques créateurs argonautes qui nous font voyager  en nous proposant à chaque saison une nouvelle destination. Nous poussant au large, le vêtement, bloc d’ailleurs, se fait déguisement. En définitive, la mode, demeure une manière d’habiter le monde. Uniforme pour l’occasion, elle offre les moyens d’une nouvelle découverte de soi tout en permettant de rencontrer autrement. Chez Galliano comme dans la nouvelle de l’auteur suisse Gottfried Keller, c’est l’habit qui fait le moine. En dehors de toute règle, l’essentiel reste à savoir se raconter de manière sans cesse nouvelle car le monde demeure contre toute attente un vaste terrain inexploré. Pour le printemps/été prochain, le couturier, en s’inspirant de la campagne d’Egypte avec le général Bonaparte, nous amène en Orient jusqu’aux pieds des pyramides. En cinq chapitres, comme son épigone, le défilé devient un voyage initiatique de la raison à la rencontre de son altérité. Entrent dans des tons terracotta, les autochtones mamelouks couverts de leur traditionnelle coiffe rouge, le cahouc. Les pantalons sont amples, longs ou trois quarts avec de grandes poches, le blouson est roi. En guise de ceinture, nouée autour de la taille, une chemise. Récurrente, on la retrouvera utilisée à contre emploi dans toute la collection. Surgit alors la suite de Napoléon. Le désordre s’est déjà installé, les différences s’estompent. Mal adaptés, ils ont troqué leurs uniformes contre des habits d’occasion. Subsistent ici ou là une veste, un manteau mais pour le reste il faut s’adapter à la situation, l’inspiration vient d’ailleurs. Des imprimés légers, t-shirt, pantalon jogging et baskets de ville. La chemise nouée autour de la taille descend sur les jambes et se transforme en jupe. Mais Bonaparte n’est pas le seul voyageur d’Orient. Entre réel et imaginaire il y a aussi Lawrence d’Arabie. Les tons se font beiges et gris désert. La chemise est toujours là, mais nouée autour de la tête en turban elle protège désormais de la poussière. Habit trois pièces, trench-coat, chemise cravate; définitivement ces voyageurs du désert résistent mieux aux appels d’ailleurs. A la fin du XIXe siècle de nombreux photographes arpentaient l’Italie du Sud en quête d’éphèbes. Modèles masculins aux traits typiquement méditerranéens, les voilà qu’ils surgissent avec leur peau dorée en slip kangourou le torse dénudé et une fleur dans les cheveux. Par ci ou par là un cardigan presque transparent, un t-shirt à l’effigie de Galliano ou une chemise rayée pour tenter de couvrir les épaules; sinon rien. Et voilà, enfin, il s’est fait attendre… mais il arrive! Sorti directement du Napoléon d’Abel Gance surgit Bonaparte. Pas un seul mais dix. Là, sombre, en costume noir ou gris une chemise autour du torse en guise d’écharpe, il défile l’inoxydable. Mais qui d’autre qu’un Anglais aurait pu raconter une telle histoire. En paix avec l’Histoire Galliano voyage dans sa chambre.

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par coustaury

le novembre 13, 2009 à 13 h 41 min

La mode comme jeu du je, Galliano comme poète intimiste, joue le je du jeu, s’essayant à donner à la lumière dorée de la source de son inspiration une apparente désinvolture et l’humour qui lui permet de se croire suffisamment détaché pour continuer .

1 Réponse à “ John Galliano Homme, PE 2010 ”

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