Jean Paul Gaultier, PE 2010
octobre 13, 2009 à 20 h 40 min , par Maurizio Rofrano



Pour cette collection très streetstyle suburbain PE 2010, Jean Paul Gaultier a eu envie de revisiter tous ses fondamentaux: la marinière, la veste smoking, les corsets, le bustier conique, etc. Dans une très grande diversité, il raconte une histoire de femme et de féminité afin d’essayer d’en saisir toute la complexité. Pour en prendre la mesure directe, il suffit de jeter un coup d’œil sur les chaussures. Tout y est et rien ne manque: spartiates hautes lacées en cuir ou tissu, souliers à lacets de type Palladium, des Doc Martens mais aussi des modèles plus élégants comme sandales et escarpins. Les mannequins portent des tatouages tribaux semblables à ceux dont sont couverts les membres du gang dans « La Vida Loca » actuellement en salle. Le documentaire narre l’histoire de jeunes gens défavorisés qui, en dehors de tout droit et règles, sèment la terreur dans les banlieues de San Salvador.
Le défilé débute en garçon manqué avec des pièces en denim conçues en collaboration avec la marque Levi’s. Des casquettes baseball ou mao trônent sur les coiffures ethniques. Des salopettes, mêmes si adoucies par du satin ou des bustiers cônes restent uniforme de travail. Des T-shirts à épaulettes donnent une carrure de footballeur américain. Le jean coupé en bandes et retissé fait apparaître la peau quand celle-ci n’est pas recouverte de maillots ultra-moulants imprimés à motifs bleus de type écorché imitant les muscles et les artères. De magnifiques trenchs kaki à bustier et jupe intégrées cohabitent avec des modèles verts et marron qui confèrent à la suite du défilé un aspect très militaire. La femme Jean Paul Gaultier évolue dans un milieu qui lui est hostile. Le regard de l’autre prêt à juger est partout. Elle a besoin de se protéger et ce n’est pas facile pour elle de mettre en valeur ses atouts les plus féminins. Comme une guerrière, elle montre ses muscles et porte autour de ses hanches des ceintures de guerre dans lesquelles on glisse des projectiles. Elle se cache derrière des vêtements d’homme. Ce n’est que par petites touches qu’elle peut laisser libre cours à sa féminité: des souliers, un corset, quelques accessoires, le nylon des collants … Mais la situation ne tardera pas à se renverser. Les robes surgissent dans un éclat d’oranges et de rouges traités en camaïeux. Des aspirations longtemps sous-jacentes deviennent dominantes. Des tissus en mousseline et crêpe de soie légers, des couleurs tendres, des transparences font leur apparition et les sous-vêtements sont portés en-dessus. Le masculin ne resurgit que de temps à autre en Doc Martens ou en casquette pour laisser la place à une féminité pleinement vécue qui du coup gagne en éclat et en générosité. Le corps, machine musclée, symbole de force, se transforme en sujet de désir et les protections laissent désormais la place au sensible.
Pour Jean Paul Gaultier la mode doit être la maison de tous. Le goût comme le style vestimentaire de chacun est marqué par ses origines. Mais pas de discrimination, dans le monde de la couture tout s’équivaut dans la mesure où l’on est capable de transformer la violence en force créative. D’une forme enfin sclérosée la mode est en mesure de créer l’espoir.




Catégorie Collections femme / Tags: /
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par marion uo la tete dans les etoiles
le octobre 13, 2009 à 20 h 43 min
waouh , il y a des tenue exquise , celle en jean (surtout la robe ) et la kaki sont mes préférés