Archive - ‘ Style ’ Catégorie

Fuchsia

Samedi, juin 13th, 2009

Fendi, cuir perforé, PE 09

Fendi, cuir perforé, PE 09

Alexander McQueen, PE 09

Alexander McQueen, PE 09

La Perla, PE 09

La Perla, PE 09

Givenchy, PE 09

Givenchy, PE 09

Et si le bonheur commençait avec une couleur. Très en vogue ces temps-ci, le colorant fuchsia a été découvert en Angleterre en 1859 précisément. Immédiatement, dès l’année d’après, il fut adopté par la mode féminine d’outre-manche, toujours friande de couleurs vives. Entre le rose et le pourpre, on lui connaît différentes nuances comme le magenta, le framboise ou le rose bonbon entre lesquelles il n’est pas toujours aisé de faire la distinction, d’autant plus que cela implique, comme toujours en matière de couleur, une part de subjectivité. Toutes ces nuances, on les classe dans le sous-ensemble de la fuchsine. Le fait d’être plus ou moins saturé a pour effet d’augmenter l’apparence fluo de la couleur. D’une manière plus générale, on peut dire qu’il fait partie de la famille des rouges dont la particularité est de tirer vers le rose violacé. Le fuchsia garde la vivacité initiale du rouge tout en étant plus clair, contrairement à un rouge pâle, et sans épouser la morosité du violet. Son apparence reste très artificielle malgré l’existence d’une fleur du même nom, ce qui ne fait qu’augmenter son prestige auprès des amateurs. On aimerait le croquer, tellement il fait songer aux sucreries les plus extravagantes.
Contrairement à son grand frère, le fuchsia répand sans ambiguïté le bonheur et la gaîté partout où il surgit en faisant oublier les mauvais côtés du rouge. Comme le dieu romain Janus, le rouge, a deux visages une bonne et une mauvaise. Il symbolise en même temps l’amour, la passion, la chaleur mais aussi le danger, le sang, le crime, la colère et la violence.
Si à l’instar de tout suractif, le fuchsia peut paraître agité, il est aussi puissant et généreux. Il ne manque pas d’indiscrétion. Pipelet, il fait parler de lui et ne craint pas de se faire remarquer. Pour se montrer en sa compagnie, il ne faut pas avoir froid aux yeux car le bonheur existe.

Maman pretty woman

Lundi, juin 8th, 2009


s-phoramaman

Dans le film que Stefano Pilati vient de commander au cinéaste et romancier Samuel Benchetrit, un jeune garçon trouve par hasard une clef sur le bitume qui le conduit mystérieusement dans une chambre d’hôtel. Glissé dans son nouveau costume, au lieu d’aller à l’école,  il séduit la femme de l’hôte inconnu. Mère ou amante, nos désirs ont comme effet de mettre à risque les conventions sociales établies. Aujourd’hui les mamans sont canon. Elles sont synonymes de sexy. Les collants mousse, la garde-robe disgracieuse, le corps délaissé et les soins à minima ce ne sont que de vieux souvenirs. Ce n’est pas une obligation d’avoir l’air d’une mère parce qu’on a un enfant. En petite culotte et bas autofixants, fières, elles exhibent leurs corps pour le plaisir des grands et des petits. Oui, les petits aussi. Qui a envie d’avoir une maman moche?  Et après, il y a ceux qui pensent que le progrès n’apporte rien! Ce n’est que lorsque l’on fait des choses pour soi et qu’on se sent bien dans son corps qu’on peut être vraiment pour les autres. Le bonheur c’est une attitude, mais c’est aussi question de technique. Donner d’avantage à soi-même permet de donner ensuite aux autres. Etre attentif à soi est un geste altruiste. Et si le résultat est un peu salope … ce n’est pas mal non plus. Bonne fête à toutes les mamans et beaucoup de bonheur à celles qui le seront bientôt.

Yves Saint Laurent Collection Homme PE 2010: Le Film

Nikon, au rythme des tendances

Jeudi, juin 4th, 2009

nikon

Lorsqu’il y a six mois, j’ai eu besoin de m’acheter un nouvel appareil photo numérique, je le voulais fuchsia à tout prix. Malheureusement, je dû me rabattre sur du rouge car dans la teinte désirée aucun me convenait du point de vue de ses caractéristiques techniques. Aujourd’hui Nikon propose à côté d’un rose parme et d’un rouge passion (le mien) qui figuraient déjà au catalogue, du framboise et du fuchsia. Il est difficile de mesurer le laps de temps qu’il faut à une tendance pour passer d’une confidentialité d’initié au goût d’un plus vaste public.
On peut se poser la question où commence et où se termine l’influence des couturiers. De leurs passerelles, ils ne font pas que définir notre garde-robe, mais leur emprise dépasse largement le milieu de la mode. Ils déterminent les formes, les couleurs comme les textures à venir. En ce sens, ce n’est pas inintéressant de voir à quel point Nikon a essayé d’illustrer sa publicité pour son appareil photo Coolpix avec un mannequin qui porte une robe, des bas et des chaussures inédits et créés sur photoshop exprès pour l’occasion. La marque se veut au plus proche d’une créativité qui change au fil des saisons comme lors des rendez-vous pluriannuels que sont les défilés. Ce n’est pas pour rien que le terme mode désigne au sens strict l’habillement mais aussi plus largement une manière de vivre et de penser, un goût collectif propre à une époque. C’est un des rôles de la couture de participer à l’élaboration de ce goût diffus dans la société et qui la caractérise tant.

Monogramme

Jeudi, mai 14th, 2009

goyard-logo

Longtemps une exclusivité pour initiés, le monogramme du malletier E. Goyard, fondé en 1853 au tout début du Second Empire, est devenu depuis peu de plus en plus visible. Lorsque l’on se rend au 233 de la rue Saint-Honoré à Paris, on est surpris de découvrir un espace au décor ancien, étonnement familier, d’où émane une forte sensation d’intimité. C’est un espace en dehors du temps, arraché à son inéluctable passage.
Lorsque l’on aperçoit pour la première fois une « goyardine », on est d’abord surpris par la matière. Exquise, d’une légèreté et souplesse extrême, au regard comme au toucher, elle donne l’impression d’un finement froissé qui lui confère en toute décontraction sa grande élégance naturelle. Cet effet est obtenu grâce à une toile de composition complexe, tissage de coton, lin et chanvre, qui est ensuite recouvert de gomme arabique. Ce n’est que par la suite, à la main, que le monogramme à « chevrons » y est posé à l’aide de pochoirs. Formée de chevrons entrecroisés, sa structure produit un effet tridimensionnel dont le côté labyrinthique fait songer aux gravures imaginées par le célèbre artiste néerlandais Maurits Cornelis Escher. Construction répétitive qui permet l’expérience de l’infini par l’allitération. Et pourquoi pas, métaphore de la mode par l’accumulation du même où la valeur n’est plus exclusivement dans l’unique, mais se retrouve de manière inaltérée dans chacun des éléments identiques. Déclinaison et conséquence de l’oeuvre d’art à l’ère de sa reproductibilité mécanique. Un ordre des choses typiquement moderne décrit par l’essayiste allemand Walter Benjamin.

La SNCF fait son style

Mardi, mai 5th, 2009

tgvpub

Dans le passé, à plusieurs reprises déjà, la SNCF a eu recours à la mode pour ses campagnes publicitaires. Cette fois-ci, elle a choisi de s’inspirer, non sans humour, d’un certain nombre de photos faites par l’artiste contemporain Douglas Gordon et qui jouent sur le contraste entre les escarpins et un carrelage à motifs arabesques à l’air vieillot. Issues d’une série dédiée aux talons hauts, elles avaient été publiées dans le numéro 20 de la revue « Stiletto » ainsi qu’à l’occasion de l’exposition « Obssesions by Stiletto » à la Maison Européenne de la Photographie.
Deux passager anonymes, un homme et une femme, sont assis – peut-être – dans un café de gare à l’air vielle France en province. Le ticket plié en quatre sert de cale à la table bancale. Inhabituel comme inattendu à cet endroit, l’oeil s’accroche. Mais que font-ils là, qui sont-ils, que se disent-ils? Le TGV est devenu définitivement un lieu branché dans lequel le luxe peut s’exprimer. Mieux que tout autre vêtement, les escarpins expriment des denrées rares liées à l’agrément et à la douceur de vivre comme le chic, la festivité, le bonheur, l’insouciance, la volupté, le sexe… C’est au fond toutes ces sensations que le fameux panneau à l’escarpin barré essai de dominer et qui a donné au jeune Christian Louboutin l’envie de créer des souliers. De fait, le bonheur a longtemps fait peur en occident.

Le monde qui viendra

Jeudi, avril 23rd, 2009

gdormoyGéraldine Dormoy

Nous avons tous, gravée dans notre mémoire, cette scène de film dans laquelle le spectateur prend conscience de la beauté de l’héroïne uniquement lorsque le héros, avant de l’embrasser, lui ôte ses grosses lunettes de vue derrière lesquelles elle se cachait jusqu’alors. Ce type de lunettes a longtemps été le symbole et l’attribut de la fille timide aux gestes gauches, peu gracieuse, mal dans son corps et marginale. Mais depuis, les codes se sont reversés. Notre regard a complètement changé sur l’objet et on le perçoit désormais plutôt comme étant attirant et branché, voire l’emblème indispensable de la fashionista. Plus que se cacher, désormais les filles se montrent derrière leurs grandes ouvertures. Il est vrai que les modes changent et avec elles les goûts mais c’est aussi les lunettes qui ont changé de statut grâce aux designers qui en ont fait un véritable accessoire de création. Elles ne sont plus forcément perçues comme étant un handicap, mais plutôt comme un plus que l’on choisit selon sa personnalité ou que l’on change selon ses envies. Une façon d’apparaître autrement ou pourquoi pas plus pleinement. Les lunettes sont devenues un véritable objet d’expression de soi. Dans la mouvance, les modèles des grandes lunettes ont évolué et osons le mot, elles sont devenues sexe.

Idées reçues concernant l’excès

Mardi, mars 10th, 2009

Contrairement à ce que l’on pense communément, les créations les plus folles ne s’adaptent que très mal aux personnes ayant un tempérament qui les pousse à avoir un comportement ou des attitudes que l’on pourrait définir avec le qualitatif d’excessif. Au contraire, les créations extravagantes nécessitent des âmes posées. La retenue est la condition indispensable pour leur déploiement. Tout le reste nuit à la qualité de l’expression. Des mouvements contraires engendrent la confusion et empêchent l’entendement. Donc, si vous êtes une femme plutôt posée, surtout ne vous interdisez aucune excentricité vestimentaire. Elles sont pensées pour vous.

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Vie fragile

Jeudi, mars 5th, 2009

jacobstellerJuergen Teller pour Marc Jacobs

Les campagnes publicitaires de Marc Jacobs sont toujours des exercices de funambule, en décalage avec les canons du genre, mais sans jamais tomber dans le désagréable. Elles en frôlent les limites. Le créateur a choisi de confier sa campagne PE 09 au photographe d’origine allemande Juergen Teller. Celui-ci a décidé de prendre des clichés du modèle Raquel Zimmermann sur une colline entourée d’arbres et d’arbustes perchés sur des socles improbables. Il photographie des moments fragiles dans une nature qui se réveille. Ces plages de paix et de sérénité, caressées par la chaleur des premiers rayons de soleil, peuvent à tout moment basculer dans l’excès et le drame. Pour nous rappeler que la vie est fragile et qu’il faut la soigner … et que la mode y participe.

Couleurs moisies

Lundi, février 23rd, 2009

paciotti1Cesare Paciotti. Photo: Mario Sorrenti (Vogue France, mars 09)

Une nouvelle tendance en ce qui concerne les couleurs se dessine. Des couleurs que l’on pourrait définir de moisies, comparables à des matières organiques en décomposition apparaissent, disposées, de plus, dans des combinaisons inhabituels (ici: rouge, violet, vert). La beauté de ces couleurs réside dans le fait qu’elles expriment une sensation de maturité, qu’elles ont de l’âge et qu’elles accusent le temps. C’est dans le même esprit que Peter Philips, créateur maquillage chez Chanel, propose pour ce printemps 09 une gamme de maquillage qu’il a appelé « Bohemian Fantasy ». Pour ce qui concerne les rouge à lèvres, par exemple, il les a assombris en mélangeant une micro dose de pigments noirs. C’est une bonne chose, de temps à autre, de faire sentir le poids du temps.

Elizabeht II

Vendredi, janvier 2nd, 2009

elizabethii_fuchsia

Même Vogue a reconnu le goût et le style vestimentaire de Sa Majesté Elizabeth II en la classant parmi les cinquante femmes les plus élégantes au monde. Ses choix marqués sont parfaits pour placer cette nouvelle année sous les auspices de la gaîté et de l’extravagance. Hervé Gibert se posait, non sans pertinence, la question de savoir qui était le plus punk entre la reine d’Angleterre et les Sex Pistols. La liberté n’est pas toujours là où on la cherche. Et même si la transgression est une notion sensible à manier, que cette année soit sous son signe et, pour ceux qui savent la pratiquer de bon aloi, une façon d’être.

elizabethii_bleu

Et en bonus, un ensemble ton sur ton très raffiné avec rappel couleur dans le bord du parapluie cloche en pvc transparent.

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