Archive - ‘ Culture Mode ’ Catégorie

Les Autoportraits de Liloo

Dimanche, décembre 13th, 2009

Liloo2

Liloo4

Liloo1

Liloo3

Liloo

LILOO

D’une nudité à l’autre

Dimanche, septembre 27th, 2009

_Users_magalicazot_Pictures_iPhoto Library_Modified_2009_pourelle_P1330843Magali Cazot, Baladine

MagaliCazotMagali Cazot, Nora

Notre obsession pour le corps qui relève avant tout du développement des soins ainsi que de l’amélioration du mode de vie a eu pour effet de voir se démultiplier les liens entre mode et érotisme. Objet esthétique en soi, il est désormais possible de le montrer. L’exposition du corps n’est plus limitée au privé, elle est devenue chose publique. Amorcé par certains, le récent glissement de la mode vers le style n’a fait qu’exacerber cet état de fait en transformant le vêtement en partie intégrante de l’expression de soi. Elément principal du rapport à l’autre, cathaliseur d’attraits, désormais on ne porte plus ses vêtements, on est ses vêtements. Dans cette mise-en-scène du moi que devient le support, c’est à dire le corps nu?

Magali Cazot, jeune artiste, a peint une série de nus féminins très envoûtants par leur radicalité. Crus et violents par leur point de vue même, les deux jeunes filles posent frontalement face au spectateur en assumant pleinement leur nudité. Une mise en scène réduit à minima, sans allégorie, le but du peintre étant de soumettre le corps au regard en une envie première d’être vu. Prendre une pose est d’une certaine manière déjà s’habiller un peu. Cette épuration maximale fait surgir une forte contradiction irréductible entre force vitale et quelque chose de plus sombre. Les deux pôles opposés entre lesquels oscille la vie. Cette tension s’exprime jusque dans le choix des couleurs, des rouges déviés, teintes qui de plus sont marquées par une braise sexuellement charnelle. Mais, il y a différentes manière de révéler son corps. La sensualité est toujours le fruit d’une mise en valeur savamment réfléchie car même nu, un corps n’en est pas pour autant érotique. Sans nul doute, une des fonctions du vêtement est de cacher la nudité. Acte volontaire, il y en a aussi qui tout en couvrant ne cherchent pas à faire oublier le corps. Plus que de cacher et au delà du corps, ils créent de la chair, matière première du désir. Continent aux possibilités infinies, Jean Paul Gaultier a choisi de nommer X sa collection AH 09/10, symbole de l’interdit, part maudite du désir enfin incarné. Le créateur cache et dévoile à sa guise, compose avec des matières ambiguës, les tissus opaques s’amusent à suggérer et les références érotiques fusent. Mark Fast, quant à lui, s’inspire des trous. Depuis quelques saisons, le jeune créateur d’origine canadienne invente des robes tricotées. Entrelacement de fils tenus par un nombre infini de nœuds qui embrassent le corps. Définitivement, l’espace entre corps et vêtement s’est réduit.

Gaultier_RF9_1444Jean Paul Gaultier, AH 09/10

MarkFastMark Fast, PE 10

Magali Cazot sur son site et son blog.

Sonia Rykiel, un artiste conceptuel

Dimanche, mai 10th, 2009

L’essor de l’art conceptuel en tant qu’expression artistique à part entière coïncide avec l’ouverture de la première boutique de Sonia Rykiel à Saint-Germain-des-Prés en 1968. Le mouvement conceptuel se donne comme principe de déplacer la valeur artistique de l’œuvre finie vers l’idée. Sol LeWitt résume l’enjeu en affirmant que ce qui compte désormais ce n’est plus la réalisation mais la proposition initiale; à d’autres, s’ils le souhaitent, d’en assurer l’exécution. Assujettissement philosophique, c’est l’art comme cosa mentale de Léonard de Vinci. Comme Marcel Duchamp au début du XXe siècle déjà, cette mise en question de l’objet artistique traditionnel a permis l’ouverture du champ artistique à une panoplie de nouvelles formes d’expression.

Le travail de Sonia Rykiel participe à une nouvelle vague de libération du corps de la femme en développant un certain nombre de concepts dont le plus célèbre est sans doute la « démode ». Aussi, a-t-elle mis en place, décliné au fil des collections, un vocabulaire esthétique composé de rayures, strass, dentelle, couleur noire, ainsi que de mots imprimés. Le recours au verbe directement posé sur les vêtements, ou par le biais des nombreux ouvrages qu’elle a publiés en parallèle à son travail de créatrice, la rapprochent directement de la pratique de certains artistes conceptuels. Sensible à la cause des femmes, dans un monde dominé par des hommes qui ne leur ont pas encore fait toute leur place, elle a dessiné dans ses débuts, des pantalons avec des poches sur le devant dans lesquelles elles pouvaient cacher, selon ses propres mots, leurs poings fermés. D’autre part, elle a remis au goût du jour les pulls tricotés, autrefois occupation de la femme au foyer par excellence, en réduisant leur longueur ainsi que leur la taille pour mieux mettre en valeur le corps et les courbes de celles qui les portent. De manière plus générale, il est possible de tisser des parallèles entre la conception que se fait Sonia Rykiel de la femme et la démarche artistique suivie par l’art conceptuel en tant que tel. Chaque femme doit être libre de choisir son identité féminine. Le rôle des vêtements n’est pas de fournir un modèle tout fait dans lequel on se glisserait, mais au contraire, ils doivent être au service de cette identité pour mieux la mettre en valeur. Le créateur ne fait que fournir un concept, à chacune le soin de le faire vivre en leur donnant un aboutissement individuel. La mode Rykiel devient un outil qui permet à celle qui la porte de mieux se réaliser. Grâce au concept de « démode », la femme est libérée de la tyrannie des tendances et de la rupture qui l’oblige à s’adapter à chaque saison. Libre de son expression, la femme Rykiel évolue en harmonie avec ses vêtements ainsi qu’avec le temps qui passe. Avec l’ensemble de son œuvre, Sonia Rykiel a participé à la formation d’un éclectisme du goût et des styles à proprement parler contemporains qui laissent une large part à l’expression personnelle.

De manière plus générale, on peut dire que depuis l’ère du prêt-à-porter généralisé (courant années 60) le fonctionnement même des maisons de couture a quelque chose de conceptuel et notamment via le « made in… ». La maison élabore un modèle initial, choisit le tissu, mais la réalisation finale de la série est confiée aux soins d’une usine textile située le plus souvent à l’étranger. Le fait de faire produire un vêtement par un tiers ne change rien à la proposition d’origine. Cette séparation entre artistique et technique correspond exactement à la dialectique de l’art conceptuel entre idée et exécution. Encore une fois, la mode, comme l’art, cueille l’air du temps en la traduisant dans son propre langage.

Madeleine Berkhemer

Lundi, avril 27th, 2009

Après avoir collaboré avec le cinéaste américain David Lynch pour une série de photographies, Chiristian Louboutin a choisi, cette fois-ci, de travailler avec la jeune plasticienne néerlandaise Madeleine Berkhemer. De cette collaboration sont nés trois modèles, un pour chacune des alter ego de l’artiste, Milly, Molly et Mandy, sur lesquels elle s’est produite lors d’une performance ( »The woman who lives in a shoe ») qui a eu lieu à la galerie Sollertis de Toulouse en janvier dernier dans le cadre de l’exposition « Images de la féminité ». Il s’agit, plus précisément, d’une paire de bottes blanches hautes à lacet, d’escarpins à l’aspect rock en cuir noir entièrement recouverts de rivets pointus en acier ainsi que d’escarpins compensés beiges pâle avec une bride à la cheville.

mb3Photo Galerie Sollertis Toulouse

mbescarpinPhoto Marion M

mb-11Galerie Sollertis

mb-152Galerie Sollertis

Ces trois personnages, habillés de façons différentes, se sont exhibés chacun à leur tour, sur des socles en marbre, comparables à ceux des statues ou monuments classiques. Qui mieux que Christian Louboutin, dont les créations incarnent au-delà du soulier son symbole même, pour inspirer cette création entièrement dédiée à l’expression du désir qu’évoquent les talons auprès des deux sexes indistinctement. De ce désir Louboutin en est devenu le concept comme l’appellation.
Le socle, champ privilégié de l’expression artistique mais aussi celui de la mémoire collective comme celui de l’histoire commune, devient le lieu où les trois sculptures vivantes se mélangent à d’autres sculptures qui sont les souliers (et les habits) en tant que tel. Leur forme particulière évoque à chaque fois un univers d’appartenance typique voir archétypique. Les bottes évoquent la femme dominatrice, sûre d’elle pour qui les hommes sont un amusement. Les escarpins cloués, la femme indépendante des hommes, libérée, elle est maîtresse de son corps comme de ses désirs. Et enfin l’escarpin compensé neutre, une sorte d’entre deux, pour une femme qui se veut sexy mais pour qui le regard de l’autre est aussi important que le sien. Malgré les apparences parfois trompeuses, et à des degrés différents les désirs des deux sexes sont immanquablement liés.

Performance à la Galerie Sollertis sur YouTube

Le Figaro

Vendredi, avril 10th, 2009

Le quotidien national (www.lefigaro.fr) est le seul, fait rare, à assurer un suivi journalier en matière de mode comme en parfums beauté. C’est un journalisme d’une grande qualité, qui informe sur les dernières tendances, mouvements et curiosités et couvre les grands événements nationaux et internationaux. C’est le compagnon idéal pour tous les amateurs et amatrices de mode. De plus, chaque week-end, la publication s’enrichit de l’hebdomadaire Madame Figaro qui poursuit à un échelle plus ample l’excellent travail de la rédaction mode. Son site internet est une mine d’informations des plus précieuses pour compléter ou actualiser ses connaissances. Il est naturellement possible de poursuivre le débat sur le site internet en postant opinions et idées ainsi que, pourquoi pas, critiques et divergences. A user et abuser.

Réponse à Jean-Paul Gaultier

Mardi, avril 7th, 2009

Lors d’un entretien publié dans les pages du Figaro du 30 mars dernier, Jean-Paul Gaultier tenait les propos suivants: « quand on est styliste, designer ou couturier, on ne peut pas aller aussi loin qu’un artiste peintre. Il y a des limites au-delà desquelles on ne peut pas forcer le public. La mode est une industrie, même la couture. » Mais qu’en est-il réellement du rapport entre les beaux-arts et la mode? Les peintres sont confrontés eux aussi à des contraintes de différentes natures: économiques, financières, idéologiques avec des cahiers des charges imposés par le commanditaire. Certains d’entre-eux les recherchent même, car elles ont pour effet de stimuler leur créativité.
Chaque nouveau mouvement artistique a dû inventer son propre marché. Lorsqu’en peinture sont apparues les premières oeuvres abstraites, il a fallu inventer de nouveaux amateurs. La critique a dû élaborer un nouveau discours pour les rendre intelligibles. Mais le contraire existe aussi. Le style gothique international déborde largement sur le début de la Renaissance italienne. Il y avait à cette époque des commanditaires qui avaient une préférence pour le style ancien, ce qui, par ailleurs, ne remet pas en cause la qualité de ces oeuvres.
Ce n’est pas l’absence de limites qui fait les œuvres d’art mais ce qu’elles signifient. Si l’horizon de la mode est sa portabilité, c’est que la couture est un art figuratif. Toutes les formes ont une limite, c’est leur nature mais aussi leur but.
On peut imaginer que la mode puisse dépasser à tout moment son cadre actuel pour gagner des espaces de liberté et d’expression supplémentaires. Pourquoi ne pas exposer des souliers, par exemple, comme des sculptures dans une galerie ? Christian Louboutin a notamment collaboré avec des artites contemporains comme David Lynch ou Madeleine Berkhemer. Un changement de marché peut ouvrir à de nouveaux sens.

Moralisateurs et Chiens de garde

Mardi, mars 24th, 2009

Par-ci comme par-là, apparaissent un certain nombre d’articles qui critiquent avec plus ou moins d’emphase la tendance actuelle des talons faramineux. Les arguments ne manquent pas : ils seraient dangereux, ils feraient tomber les mannequins sur les podiums, on ne pourrait pas marcher avec, … Les bien pensants sont partout. Ils s’immiscent dans toutes les causes : cigarettes, alcool, … Sous couvert du bien commun, ils tentent d’imposer leurs vues moralisatrices en essayant de distiller leur manière de voir qui n’a de comparable que le manque d’imagination et la pauvreté de points de vue comme d’analyse. Le réel est plus vaste et ne se laisse pas cerner dans des visions uniques. La multiplicité des sens est une richesse, encore faut-il être suffisamment généreux pour l’admettre.

Pierre Bergé a raison

Vendredi, mars 20th, 2009

L’exposition « Le Grand Monde d’Andy Warhol » qui se tient au Grand Palais depuis le 18 mars dernier devait accueillir quatre portraits que l’artiste pop américain avait réalisé d’Yves Saint Laurent en 1974. Il était prévu de les faire figurer dans une section intitulée « Glamour » à côté d’un certain nombre d’autres couturiers. Non satisfait, Pierre Bergé, propriétaire des œuvres, avait formulé, entre autre, comme contre-proposition que les toiles soient placées dans la section « Artistes ». Confronté au refus du conservateur, il a donc décidé, fait rare, de les retirer de l’exposition. Et Pierre Bergé a eu raison.
Dans le monde de la culture, les couturiers subissent une sorte d’ostracisme généralement admis et rarement mis en question consistant à dire que les vêtements et autres accessoires (les mots ne sont jamais innocents) ne seraient pas des œuvres d’art ou tout du moins pas tout à fait. C’est une pensée unique, marquée par une philosophie occidentale qui refuse d’emblée de donner à toute frivolité le moindre prix et qui est d’autant plus détestable qu’elle empêche de voir la mode à sa juste valeur. Marguerite Duras, dans « Le monde extérieur », disait qu’elle ne parvenait pas à voir Yves Saint Laurent autrement que comme un écrivain. Comme tout art, la mode participe à la formulation du monde. En exprimant ses propres hypothèses, elle donne du sens à ce qui nous entoure. Elle décrit ce que nous sommes à un moment précis de notre histoire. Le conservateur de l’exposition se trompe lorsqu’il affirme que « ce n’était pas une affaire de peinture mais de personne » (Le Monde, 14/03/09). Quel autre meilleur moment qu’une exposition dédiée à Andy Warhol pour choisir de réaffirmer que rien n’est ce qui semble être parce que tout est dans le regard et que les catégories ne sont pas figées pour toujours ? En ce sens, le geste de Pierre Bergé est artistique.

Deux autres sorcières

Mercredi, mars 18th, 2009

westwoodanderson

Pour son défilé prêt-à-porter AH 09 parisien, Vivienne Westwood a fait défiler Pamela Anderson, héroïne pulpeuse des années 90. Elle sera également l’égérie de la marque pour la campagne publicitaire du printemps-été à venir. Certains ont insinué que ce n’était qu’un moyen de faire parler de la griffe en provoquant un coup médiatique. Vivienne Westwood est pour le moins depuis plus de trente ans la grande prêtresse du scandale. Mais les temps ont changé et aujourd’hui on est tenté de dire que le scandale n’est plus le scandale mais le procès que certaines publications font au scandale. Grande pourvoyeuse de frasques, Pamela Anderson est aussi aimée que détestée par les tabloïdes. Aimée parce qu’elle permet de noircir du papier et vendre, mais aussi par qu’elle permet qu’on puisse la détester. En effet, dans les faits, nombreux sont ceux qui se nourrissent du mépris des choses qu’ils aiment secrètement et qu’ils n’ont pas le courage d’assumer ouvertement. Il existe plusieurs types de scandales. Certains ne servent qu’à faire du bruit, d’autres à dénoncer en mettant en évidence des non-dit dans la société. C’est à cette seconde catégorie qu’appartiennent les actions menées par Vivienne Westwood. En choisissant Pamela Anderson, la couturière met en évidence et dénonce le traitement que subissent un certain nombre de femmes dans la presse après usage. Le regard rempli de malaise à la vue de l’incident survenu lors du défilé lorsqu’une couture du corset se défait vaut comme preuve de l’honnêteté dans la démarche de la créatrice. Le sourire de l’actrice pin-up, lui, nous renvoie vers d’autres hypothèses.

Résister c’est exister

Mardi, février 24th, 2009

chooresisterCampagne publicitaire Jimmy Choo, PE 09

En soumettant le corps à une transformation, on le rend visible et de ce fait réel. Cet effet est le produit de la résistance naturelle de celui-ci. Ainsi formé, il sort d’une évidence qui est atemporelle. Cette résistance peut se mesurer et est toujours le fruit de la volonté. Les deux voisines de la place Vendôme avaient à ce sujet des visions différentes. Elsa Schiaparelli, la flamboyante, pensait qu’il ne fallait jamais ajuster la robe au corps, mais qu’il fallait discipliner le corps pour qu’il s’accorde à la robe. Au contraire, Coco Chanel, l’intemporelle, est très attachée au naturel et à la plus grande liberté du corps. C’est le vêtement qui doit s’adapter aux multiples mouvements du corps. Ce sont là deux métaphysiques opposées: la vérité du costume contre la vérité du corps. Dans le premier cas, c’est l’individu qui doit s’adapter au produit de l’esprit et tirer de là sa liberté. Dans le second, le costume a pour rôle de mieux aider l’individu à imposer sa volonté au monde.

« Article Précédent

Haut de la page