


Il fut un temps où les gants étaient plus que des gants. Symbole de distinction sociale, emblème de royauté, attribut de tout homme d’église, atout indispensable pour toute femme de société, tel n’est plus le cas aujourd’hui. Accessoire destitué, il ne garde désormais que ses fonctions utilitaires, à savoir abriter du froid en hiver et protéger les mains. Loin derrière nous est la période où les gants étaient, avec les chapeaux, l’accessoire par excellence. Mais ils n’ont peut être pas encore dit leur dernier mot, si on juge du nombre grandissant de boutiques qui lui sont consacrées exclusivement.
Ines Van Der Born est l’une d’entre elles. Cette créatrice néerlandaise, ne pouvant trouver ce qu’elle cherchait, décida de dessiner elle-même ses propres modèles, choisissant les cuirs les plus fins, agneau, mouton ou encore de pécari (sorte de cochon nain d’Amérique du Sud) pour permettre aux gants d’épouser au plus près la forme de la main. Coupé dans un seul morceau et d’un cuir lisse, ils jouent le rôle d’une seconde peau préservant toute la sensibilité tactile. Ines est une entreprise familiale et entièrement dédiée à la production de gants de luxe. De nombreux modèles sont proposés pour femme comme pour homme, mais ce qui fait la particularité de la marque n’est pas seulement le grand choix de coloris, c’est surtout leurs déclinaisons en de nombreuses nuances afin de s’adapter aux mieux à la demande de la clientèle. Parmi les modèles emblématiques de la maison, on trouve les gants de doigts dont la particularité, contrairement aux mitaines, est de ne couvrir que les doigts de la main (voir photo plus haut). Mais il y a aussi des gants sans doigts qui laissent les phalanges en toute liberté, ou d’autres qui en arrivent même à couvrir le bras jusqu’à l’épaule (photo ci-dessus), voire un modèle boléro dont les manches atteignent les bouts des doigts. Enfin on trouve aussi les fameux gants de conduite qui étaient en vogue au début de l’ère automobile à l’aube du siècle dernier. Parmi les particularités, on note aussi des gants pour jambes que les plus frileuses pourront choisir de porter sous une jupe ou, plus osé, avec un short.

Les gants protègent, mais ils colorent et décorent aussi les mains. En soulignant le geste, ils l’amplifient tout en l’estompant. Plus sinueux, le mouvement gagne en sensualité. Avec des gants longs, les bras se transforment en tentacules prêts à attirer tout ce qui approche. En les habillant, d’anonymes, les mains deviennent visibles. Les gants sont à la main ce que le vernis à ongles est aux doigts. Un révélateur de personnalité qui s’adapte et se transforme au fil des envies. En été comme en hiver, les gants permettent de mieux dessiner une ligne ou compléter un ensemble. Accessoire désuet, déjà indispensable, et qui finit par se décliner aussi pour notre ami le plus fidèle…
Photos INES GLOVES
