Archive - avril, 2009

Charlotte Olympia

Jeudi, avril 30th, 2009

maxine

Maxine

leilaLouise et Leila

harlowCindy Persia et Harlow

tokyoTokyo

Gloria et KabukiGloria et Kabuki

opheliaOphélia

isottaIsotta

Charlotte Olympia est la fille du mannequin brésilien Andrea Dellal et la sœur d’Alice. Ce n’est que récemment, en 2006, qu’elle ouvre sa boutique à Londres. Aux talons exclusivement très hauts, la collection PE 2009 se décline en trois thèmes: « Orient Express », « Vaudeville » et « Big in Japan », avec un peu plus de dix modèles pour chacun.
D’elle-même, elle se dit d’inspiration classique. Effectivement, tous les souliers portent la marque d’un léger décalage qui fait tout leur charme. Une sorte d’arrêt sur image, un écho des temps passés qui nous parvient égaré dans les méandres du temps. Parfois, on rêve avec les années 50, mais aussi avec les années 30 ou avec Salvatore Ferragamo et Elsa Schiaparelli… un halo des temps passés dont on perçoit la réverbération qui parvient jusqu’à nous. Le temps ainsi modulé devient sensible. Grâce à des courbes lourdes, des volumes amples et aux couleurs moisies, voire parfois même poussiéreuses, loin de tout tapage euphorique, ces chaussures invitent au silence et au recueillement un peu comme devant la maison « Ladurée« . Chez elle, même les dorures apparaissent discrètes. Saupoudrées de romantisme sombre, elles vaporisent la religion de la décadence et la foi des décalés.

Madeleine Berkhemer

Lundi, avril 27th, 2009

Après avoir collaboré avec le cinéaste américain David Lynch pour une série de photographies, Chiristian Louboutin a choisi, cette fois-ci, de travailler avec la jeune plasticienne néerlandaise Madeleine Berkhemer. De cette collaboration sont nés trois modèles, un pour chacune des alter ego de l’artiste, Milly, Molly et Mandy, sur lesquels elle s’est produite lors d’une performance ( »The woman who lives in a shoe ») qui a eu lieu à la galerie Sollertis de Toulouse en janvier dernier dans le cadre de l’exposition « Images de la féminité ». Il s’agit, plus précisément, d’une paire de bottes blanches hautes à lacet, d’escarpins à l’aspect rock en cuir noir entièrement recouverts de rivets pointus en acier ainsi que d’escarpins compensés beiges pâle avec une bride à la cheville.

mb3Photo Galerie Sollertis Toulouse

mbescarpinPhoto Marion M

mb-11Galerie Sollertis

mb-152Galerie Sollertis

Ces trois personnages, habillés de façons différentes, se sont exhibés chacun à leur tour, sur des socles en marbre, comparables à ceux des statues ou monuments classiques. Qui mieux que Christian Louboutin, dont les créations incarnent au-delà du soulier son symbole même, pour inspirer cette création entièrement dédiée à l’expression du désir qu’évoquent les talons auprès des deux sexes indistinctement. De ce désir Louboutin en est devenu le concept comme l’appellation.
Le socle, champ privilégié de l’expression artistique mais aussi celui de la mémoire collective comme celui de l’histoire commune, devient le lieu où les trois sculptures vivantes se mélangent à d’autres sculptures qui sont les souliers (et les habits) en tant que tel. Leur forme particulière évoque à chaque fois un univers d’appartenance typique voir archétypique. Les bottes évoquent la femme dominatrice, sûre d’elle pour qui les hommes sont un amusement. Les escarpins cloués, la femme indépendante des hommes, libérée, elle est maîtresse de son corps comme de ses désirs. Et enfin l’escarpin compensé neutre, une sorte d’entre deux, pour une femme qui se veut sexy mais pour qui le regard de l’autre est aussi important que le sien. Malgré les apparences parfois trompeuses, et à des degrés différents les désirs des deux sexes sont immanquablement liés.

Performance à la Galerie Sollertis sur YouTube

Le monde qui viendra

Jeudi, avril 23rd, 2009

gdormoyGéraldine Dormoy

Nous avons tous, gravée dans notre mémoire, cette scène de film dans laquelle le spectateur prend conscience de la beauté de l’héroïne uniquement lorsque le héros, avant de l’embrasser, lui ôte ses grosses lunettes de vue derrière lesquelles elle se cachait jusqu’alors. Ce type de lunettes a longtemps été le symbole et l’attribut de la fille timide aux gestes gauches, peu gracieuse, mal dans son corps et marginale. Mais depuis, les codes se sont reversés. Notre regard a complètement changé sur l’objet et on le perçoit désormais plutôt comme étant attirant et branché, voire l’emblème indispensable de la fashionista. Plus que se cacher, désormais les filles se montrent derrière leurs grandes ouvertures. Il est vrai que les modes changent et avec elles les goûts mais c’est aussi les lunettes qui ont changé de statut grâce aux designers qui en ont fait un véritable accessoire de création. Elles ne sont plus forcément perçues comme étant un handicap, mais plutôt comme un plus que l’on choisit selon sa personnalité ou que l’on change selon ses envies. Une façon d’apparaître autrement ou pourquoi pas plus pleinement. Les lunettes sont devenues un véritable objet d’expression de soi. Dans la mouvance, les modèles des grandes lunettes ont évolué et osons le mot, elles sont devenues sexe.

Shorty Tights

Lundi, avril 20th, 2009

wshortytightsWolford, PE, 09

Cette saison, un esprit Elsa Schiaparelli shocking souffle sur la marque autrichienne Wolford. Cacher les renforts des pointes et des talons, comme ceux de la culotte du collant, n’est pas à l’ordre du jour. Au contraire, le jeu entre opacité et transparence participe même au charme de l’ensemble en ajoutant un air boudoir à l’allure. Sous le regard de l’autre, l’effet déshabillé permet à l’intime de se révéler tout en rassurant dans sa féminitié. Pour dévoiler d’avantage, on peut aussi se glisser dans une jupe en nylon clair de la même marque qui épouse les formes et qui laissera transparaître légèrement le coloris fuchsia du collant. Effet rose shocking garanti.

Chanel, n°18

Dimanche, avril 19th, 2009

chanel18Chanel, PE 09

Le luxe par la légèreté et la fraîcheur pour cet ensemble de la collection Printemps-Eté 2009 actuellement dans les salons de la rue Cambon: veste courte poids plume en tulle fin et transparent à l’apparence tweed, jupe couture blanc albâtre éclatant en jersey, collant noir tissé avec deux fils de deniers différents, sandales compensées en PVC ornées de plumes sur le talon qui ondulent dans le vent et enfin collier plastron au mille fleurs colorées.
Quelques uns des fondamentaux de Coco sont ici réunis, y compris le fait de cacher les genoux, partie du corps que le grande dame trouvait disgracieux. C’est ce que ne manqua pas de rappeler Karl Lagerferld lors de la conférence de presse en octobre dernier, tout en ajoutant que ces collants étaient dit « à la française ». Notion probablement inventée par le créateur, puisqu’il n’a pas été possible d’en trouver trace ailleurs. Mais qu’est-ce qui a pu motiver le couturier à recourir à une telle appellation? L’envie d’ajouter une nouvelle notion à la bâtisse de la couture française, une bravade humoristique devant les journalistes, l’expression d’une certaine lourdeur maniérée propre à la couture française et que ces collants exprimeraient, ou enfin, peut-être, un peu des trois à la fois. Reste que Lagerfeld réinterprète encore une fois magistralement, en le rajeunissant, l’acquis de la maison. La veste, dans un style d’emblée reconnaissable comme étant celui de Chanel, est combinée avec une jupe plus simple et des chaussures plus modernes (artificielles) qui donnent à l’ensemble un ton plus prêt-à-porter ou casuel. Loin du total look, le style est brisé et se retrouve par ce biais d’autant plus revigoré. Le fait de parler de « collants à la française » est aussi un moyen pour renouer avec l’histoire.

Nicholas Kirkwood, S90554

Lundi, avril 13th, 2009

kirkwoodbordeauxNicholas Kirkwood, PE 09

Le jeune bottier anglais, qui crée depuis 2005 sous son propre nom, ne fait pas dans le sentimental. Ses créations sont toujours le gage de sensations fortes. Sans concession, elles s’affirment comme les désirs les plus violents. La semelle compensée oblique, signature du créateur, participe au durcissement de l’ensemble en leur conférant une connotation brutale. Exagérées et agressives, elles habillent les pieds pour femmes de caractère qui osent affirmer leur corps comme leur personnalité, ne craignant pas le désir.
Cette sandale se lit comme une imbrication de deux modèles aux caractères différents. Le turquoise est aussi lisse que policé et semble glisser dans le rouge bordeaux au caractère beaucoup plus animal et vivant. Comme une seconde peau, l’amphibien recouvre partiellement le soulier et pointe par devant comme par derrière. Selon les envies ou les besoins du moment, on souhaite apparaître comme étant autre. Jouer avec les dominantes et les subordonnées de son individualité, c’est aussi le rôle du costume.

Le Figaro

Vendredi, avril 10th, 2009

Le quotidien national (www.lefigaro.fr) est le seul, fait rare, à assurer un suivi journalier en matière de mode comme en parfums beauté. C’est un journalisme d’une grande qualité, qui informe sur les dernières tendances, mouvements et curiosités et couvre les grands événements nationaux et internationaux. C’est le compagnon idéal pour tous les amateurs et amatrices de mode. De plus, chaque week-end, la publication s’enrichit de l’hebdomadaire Madame Figaro qui poursuit à un échelle plus ample l’excellent travail de la rédaction mode. Son site internet est une mine d’informations des plus précieuses pour compléter ou actualiser ses connaissances. Il est naturellement possible de poursuivre le débat sur le site internet en postant opinions et idées ainsi que, pourquoi pas, critiques et divergences. A user et abuser.

Porno chic

Jeudi, avril 9th, 2009

mmmrougeMMM, PE 09

mmmbottesouv2

MMM, PE  09

Martin Margiela et sa maison sont certainement les plus conceptuels des couturiers contemporains. Une réflexion abstraite sur les éléments qui constituent l’univers de la mode actuelle comme les notions de mannequinat, de défilé, de modèle, etc., a permis à la Maison de retomber à la sensualité des matières et des corps. Un peu comme quand on a l’impression de voir pour la première fois quelque chose que l’on a eu devant les yeux depuis toujours. Ce qui n’est point étonnant puisque le rôle des concepts théoriques a toujours été celui de faire voir le réel.
En effectuant une découpe précise et régulière, de nature presque chirurgicale dans le cuir du soulier, le regard accède comme par surprise à la cambrure, qui habituellement reste pudiquement dissimulée. Cette apparition soudaine du pied à travers une botte ou une bottine est presque de nature impudique tellement elle est chargée d’indiscrétion, alors que la vue sur cette extrémité du corps est chose courante. Le spectateur est pris par surprise puisque ce qui subsiste des souliers dans ces deux modèles ce n’est que le superflu; il n’y a plus rien pour cacher. Et soudain le désir surgit. La Maison Martin Margiela c’est sexe-érotisme de la pensée, toucher du regard.

Réponse à Jean-Paul Gaultier

Mardi, avril 7th, 2009

Lors d’un entretien publié dans les pages du Figaro du 30 mars dernier, Jean-Paul Gaultier tenait les propos suivants: « quand on est styliste, designer ou couturier, on ne peut pas aller aussi loin qu’un artiste peintre. Il y a des limites au-delà desquelles on ne peut pas forcer le public. La mode est une industrie, même la couture. » Mais qu’en est-il réellement du rapport entre les beaux-arts et la mode? Les peintres sont confrontés eux aussi à des contraintes de différentes natures: économiques, financières, idéologiques avec des cahiers des charges imposés par le commanditaire. Certains d’entre-eux les recherchent même, car elles ont pour effet de stimuler leur créativité.
Chaque nouveau mouvement artistique a dû inventer son propre marché. Lorsqu’en peinture sont apparues les premières oeuvres abstraites, il a fallu inventer de nouveaux amateurs. La critique a dû élaborer un nouveau discours pour les rendre intelligibles. Mais le contraire existe aussi. Le style gothique international déborde largement sur le début de la Renaissance italienne. Il y avait à cette époque des commanditaires qui avaient une préférence pour le style ancien, ce qui, par ailleurs, ne remet pas en cause la qualité de ces oeuvres.
Ce n’est pas l’absence de limites qui fait les œuvres d’art mais ce qu’elles signifient. Si l’horizon de la mode est sa portabilité, c’est que la couture est un art figuratif. Toutes les formes ont une limite, c’est leur nature mais aussi leur but.
On peut imaginer que la mode puisse dépasser à tout moment son cadre actuel pour gagner des espaces de liberté et d’expression supplémentaires. Pourquoi ne pas exposer des souliers, par exemple, comme des sculptures dans une galerie ? Christian Louboutin a notamment collaboré avec des artites contemporains comme David Lynch ou Madeleine Berkhemer. Un changement de marché peut ouvrir à de nouveaux sens.

Attache-moi

Mercredi, avril 1st, 2009

phsmPierre Hardy, PE 09

Dans notre quotidien, les cordes sont partout. Plus particulièrement, elles sont associées depuis toujours, à commencer par les lacets, aux chaussures. Concernant certains modèles, c’est le cas des espadrilles par exemple, elles en forment même la composante principale. La nature comme la signification de cet artefact, en même temps souple et ferme lorsqu’il est soumis à une tension, ouvre à l’ambigu. La plupart du temps neutre, il se situe presque à la limite du visible, tellement il est réduit à sa seule fonction. En observant celles employées par Pierre Hardy, on les penserait presque de type nautique. C’est peut-être la faute de l’époque, mais aussitôt on se reprend et on pense SM.
Ce soulier intrigue car il présente une sorte d’assemblage ou montage de différents éléments. Sous une apparence paisible se déroule un jeu de rôle fait d’apparition et de disparition comme dans ces illustrations à effet optique où l’on n’arrive à voir des deux qu’une seule image à la fois. Il y a d’abord la sandale qui est au fond assez sage si ce n’est pour son talon prémonitoire qui fait déjà penser à une coupe de champagne. A partir de cette base, Pierre Hardy a choisi d’encorder son modèle. En dépasant le cadre de la simple décoration de surface, les cordes prennent le dessus à tel point qu’elles font presque disparaître la chose, c’est-à-dire la chaussure. Effectivement, elles sont partout, sur le talon, le cou-de-pied et elles remontent même enserrer les chevilles. Mais douces comme un flirt, elles ne font que suggérer.

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