Archive - décembre, 2008

Vœux pour 2009…

Mercredi, décembre 31st, 2008

…que les femmes cessent enfin de porter ces horribles vestes-manteaux noirs en laine (ou autres tissus) dont sont pourvues une très large majorité d’entre-elles. Le plus souvent ce sont des modèles sans grâce, attrape- poussière et qui plus est, au lieu d’habiller, ne font qu’embibichonner le corps en lui ôtant toute forme. Certes, elles vont vous répondre qu’ils sont « pratiques »… Par pitié, qu’on élimine aussi, pour la nouvelle année, ce mot si souvent employé, mais si peu pourvoyeur de sensualité.

« L’homme qui aimait les femmes »

Mercredi, décembre 24th, 2008

Une des premières scènes du film de François Truffaut voit le personnage principal, Bertrand Morane, confronté à une jeune femme (Nathalie Baye) avec laquelle il arrive à obtenir, suite à un rocambolesque jeu de piste, un rendrez-vous dans un café après l’avoir aperçue furtivement dans un pressing. C’est alors qu’il commence à lui faire le récit des impressions qu’il a eues, lorsqu’il l’a vue pour la première fois, et il parle notamment de sa robe. A ce moment précis, elle l’arrête brusquement pour lui rétorquer qu’il n’est pas tombé amoureux d’elle personnellement mais de sa robe. De manière classique, elle procède à la séparation entre la forme et le fond. Séparation qui n’a pas de raison d’être, puisque les deux sont en réalité entrelacés. Bertrand n’aime pas matériellement une robe qui trouverait grâce à son goût, mais cette même robe précisément portée par une personne particulière et donc d’une manière individuelle. Les vêtements que l’on choisit, la manière de s’habiller et de se présenter (y compris les non choix) sont toujours aussi l’expression de ce que l’on est. Il n’y a pas d’opposition dans cette équation où la forme extérieure est en même temps le reflet du fond intérieur. En admirant les vêtements sur une femme, on l’admire entièrement, comme être complet.

Vernis à ongles…noir

Lundi, décembre 22nd, 2008

Maquillage pour les mains, même si posé uniquement sur le bout des doigts, le vernis à ongles met en valeur toute la main. Il allonge les doigts en leur donnant de la grâce et en augmentant leur sensualité. Le mouvement des doigts devient d’un coup plus perceptible en rendant le toucher visible. Peu remarqués au naturel, les ongles ainsi parés deviennent félins, des attributs aiguisés prêts à bondir.

Le vernis noir est communément associé au style gothique, bien qu’il n’en ait plus le monopole. Beaucoup de marques en proposent. Chez Agnès b., plus originale, on en trouve même une version mate (certainement très demandée parce qu’en rupture de stock). Insolant et provoquant, inattendu et surprenant, collant comme du goudron, le noir est le paroxysme, ou le superlatif, de la femme vamp, croqueuse d’hommes (mais les sages savent qu’elle ne va pas le faire). C’est un « über-sexuel », parure de la femme qui n’hésite pas à surexposer ses atouts féminins. C‘est le côté sombre du rouge-passion.

Hopscotch tweed jacket

Vendredi, décembre 12th, 2008

jacobs_chanelMarc by Marc Jacobs, AH 08

Par certains aspects, le western spaghetti nous semble plus vrai que les westerns classiques. Le faux a parfois le mérite d’intriguer plus que le vrai, au point même qu’ont peut le préférer. Cela peut valoir également pour le maquillage, les cheveux décolorés, les seins refaits, etc. Le tailleur en tweed est lié pour toujours au souvenir de Coco Chanel et Karl Lagerfeld en est son digne continuateur. En jouant sur l’icône au point de créer un décalage par rapport au modèle, Marc Jacobs ne fait qu’indiquer avec plus de véhémence son référent. La mise en abîme, sans être la chose, a le mérite d’attirer avec plus de force toute l’attention sur son objet. Le « faux » Chanel finit par faire encore plus Chanel. Il y a un vrai faux, c’est celui qui est pensé pour être remarqué. Le terme « hopscotch » traduit de l’anglais désigne le jeu de la marelle, sorte de quadrillage dessiné sur le sol, qui ici renvoie au motif de la veste, et qui est reproduit à l’identique par tous les enfants du monde depuis des siècles. Toujours le même tout en étant constamment un autre. La mode est aussi un jeu qui répète et réinvente à l’infi ses formes dans un jeu complexe de reflets qui se nourrit de références et qui malgré tout arrive à surprendre sans cesse à nouveau.

Balenciaga, AH 08

Jeudi, décembre 11th, 2008

balenciaga_noir

Le défilé AH 08 de Nicolas Ghesquière chez Balenciaga s’ouvre par une robe noire stricte , sans manches et avec col bateau posé sur les épaules. Carré, le haut apparaît fixé comme un plastron sur le buste alors que le bas moule le corps avec les hanches bien marquées; la jambe est découverte par une large fente béante. Modèle simple où tout est à sa place. L’ensemble serait au fond très classique au détail près d’une large arabesques autour de la ceinture. La coupe anguleuse et la rigidité du tissu lui confèrent un aspect résolu. Tout est fait pour créer une sensualité glaciale, renforcé par les souliers, la coiffure et les bijoux.

« Dior 61″

Mercredi, décembre 10th, 2008

dior_blancDior, Hiver 08

La collection prêt-à-porter hiver 08, « Dior 61 », se nomme ainsi pour deux raisons : d’abord parce que c’est la soixante-et-unième collection de la maison, mais aussi parce qu’elle s’inspire des années 60. Mais qu’est-ce qui fait l’esprit d’une époque, qu’est-ce qui la rend immédiatement reconnaissable ? L’aspect et la forme certainement, mais pas seulement. Si ces escarpins en suèdes gris issus de la collection ressemblent fort au souvenir que nous avons des souliers portés par Audrey Hepburn ou Sophia Loren, ils ne font que, en réalité, les évoquer sans l’être tout à fait. Malgré la forte ressemblance, un léger décalage subsiste avec l’original. La forme est plus froide, plus rapide et svelte, plus maîtrisée aussi, en somme plus technologique. Les matériaux et la manière de les travailler ne sont plus les mêmes, mais c’est avant tout l’esprit et notre regard qui a changé. Au fond ce sont des années 60 qui ressemblent fort à notre début de siècle. Voilà l’intérêt et aussi le charme d’évoquer les temps passés, parfois si proches, mais tellement insaisissables, enfermés pour toujours dans notre désir.

Sandale Christian Dior

Mardi, décembre 9th, 2008

dior_violetDior, AH 08

Les chaussures Dior sont remarquables par leur lourdeur ostensible qui est très française. Cette sandale à plateforme en suède violet dévoile au premier abord un jeu complexe entre courbes et lignes, entre souple et rigide. La raideur du talon s’oppose au reste du soulier. Son léger déplacement vers l’intérieur a pour effet de pousser l’équilibre et le plein vers l’avant tout en dégageant l’arrière du modèle en y créant un surplomb. Ce vide fait face à un autre, enfermé par le cadre doré, structure de la chaussure. Ces impression sont amplifiées par la bande de cuir attrapée dans le talon tendue comme un élastique. Effet qui ne manque pas de faire songer à la tension et à l’érotisme créé par le bord d’un pantalon ou d’une robe qui se serait accroché au talon.

Liberty

Dimanche, décembre 7th, 2008

liberty2

La campagne publicitaire automne 2008 du fameux magasin londonien Liberty intrigue. Le but est de présenter le sac à main oval ainsi que le chemisier-robe de soie imprimée paon de la marque.  Les extrémités du corps sont enveloppées dans des gants en cuir définis en anglais comme « décadent » et des leggings en latex violacés. Un fichu qui rappelle les années 50, image de chasteté et de retenue, lui enveloppe le tête.  A la lisière entre humain et reptile ou batracien, le mannequin est assis dans un décor de sous-bois, teinté de vert et de turquoise. Entre culture et nature, humide et gluante, elle trône dans la brume. Image du corps dédoublé, le représenté dévoile l’envers du décor, espace d’un désir pas entièrement formulé car du domaine de l’interdit. En simultané, vêtement pour couvrir la chair, capteur de fluides corporels et révélateur de fantasmes.

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Le léopardé

Jeudi, décembre 4th, 2008

choo_leopardJimmy Choo, 2008

choo_sac_leopardJimmy Choo 2008

ka_leopardPaule Ka, AH 08

Tout ce que l’on pourra dire ou penser sur le léopardé vaut en effet aussi pour le zébré, c’est du même ordre et de la même famille. Imprimé aussi détesté qu’adulé, parfois uniquement  en secret de peur de paraître trivial voire grossier, il ne connaît pas d’entre-deux, c’est soit l’un soit l’autre. Il est vrai qu’il n’est pas tout à fait facile à porter. Provocant, il flirte avec les limites du socialement acceptable prêt à tout moment à basculer dans le vulgaire. Motif féminin par excellence, le léopardé met en avant le côté animal, voire sauvage, de la femme pour signifier qu’elle est faite – aussi! – de peau et de chair. C’est en même temps une sorte d’exotisme apprivoisé qui dévoile tout en couvrant. Bien porté, il insinue le décadent, l’interdit sans l’incarner tout à fait, juste ce qu’il faut pour être et rester chic.
… et pour ce qui aiment pimenter leur ménage la marque espagnole Vigar a imaginé avec toute une gamme d’ustensiles ménagers colorés et amusants. En vente chez Monoprix.

vigar_gants

vigar-brosse

vigar_baleyette

Vêtement/Costume

Mercredi, décembre 3rd, 2008

A quoi font référence les deux notions de vêtement et de costume ? Loin d’être synonymes, les deux notions sont les pôles entre lesquels la mode se développe et qui permettent de saisir son étendue. Le terme vêtement est la dénomination générique pour tout ce qui sert à couvrir le corps et le protéger de son environnement. C’est une notion très technique, une condition première. Au contraire, le costume est une notion qui englobe tout ce que le vêtement porte de culturel en lui. C’est le dépassement de la matière brute, de la chose en tant que telle, pour aller à sa signification. C’est une expression de l’humain, de son rapport avec le monde et, en son sein, de son ressenti.

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