Archive - novembre, 2008

Bill Gibb

Vendredi, novembre 21st, 2008

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Créateur londonien (d’origine écossaise) remarqué et remarquable des années 70 et du début des années 80. Pour le spectateur d’aujourd’hui son travail déroute et dépayse en même temps. Son inspiration extrêmement diverse reflète les préoccupations et les envies d’ailleurs de toute une génération. Il nous fait  dans voyager dans un monde qui n’est résolument plus le nôtre.

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Loin de l’habituel et des sentiers battus, ses sources sont le Moyen-Age, la peinture préraphaëlite ainsi que le costume d’Afrique du Nord. Au-delà des chemins déjà balisés de la mode, son travail, en rupture avec la culture dominante, s’oppose au modernisme de l’époque incarné par des couturiers tels Courrèges ou Yves Saint Laurent. Aussi, réussit-il pleinement à capturer l’esprit du mouvement hippie en combinant notamment des éléments que l’on n’avait pas l’habitude de rapprocher (tissus, imprimés, matières, etc.). En ce sens, il a été un précurseur d’une attitude éclectique, porteuse d’expérimentation, largement répandue aujourd’hui.  John Galliano, par exemple, ne cache pas son admiration pour lui.

Bill Gibb’s Moment in Time
Fashion and Textile Museum London

jusqu’au 18 janvier 2009

Elsa Schiaparelli

Jeudi, novembre 20th, 2008

schiap_renaissance1schiap_renaissance_2Fin années 60

Robe à manches courtes et col rond, de couleur carmin sombre datant de la dernière période d’Elsa Schiaparelli. En laine de mohair, elle est d’aspect dru et est lourde dans la main, ce qui lui donne un caractère sportif. Autour de la taille, un nœud en trompe-l’œil motif qu’elle a repris tout au long de sa carrière depuis la fin des années 20. Plutôt lisse sur le buste, des plis à partir du nœud mettent le modèle en mouvement.

A voir et en vente chez Renaissance.

Catharsis

Mercredi, novembre 19th, 2008

giorgio_carembeau

La nouvelle publicité de Giorgio cuirs & fourrures est en même temps très élaborée et très primaire. Elaborée car elle présente un important travail de décor, de lumière et d’atmosphère et primaire par les sentiments qu’elle évoque. Adriana Karembeu (qui poursuit sa belle carrière) est couverte d’un manteau-jupe en cuir noir. Les cheveux blonds bouclés tombent sur les épaules, la poitrine est bien dessinée; tout conduit à se poser la question de ce qu’elle peut bien porter sous le cuir. Sur une scène de théâtre, lieu de représentation, de rêve et de fantasme par excellence, l’affiche fait remonter des instincts premiers.

Oxford Street

Samedi, novembre 15th, 2008

topshopPhoto Top Shop

Les couturiers anglais propulsent un style particulier propre à leur situation insulaire et qui est désormais de plus en plus imité. Depuis quelques années déjà, un lieu leur est dédié dans le très fashion Bermondsey Village à Londres. Il s’agit du Fashion and Textile Museum, fondé par Zandra Rhodes, ayant pour but de valoriser le travail des créateurs anglais. Malgré tout, c’est à Oxford street que bat le cœur du goût vestimentaire anglais. Décalage, couleurs vives, des formes qui parfois donnent une légère impression de daté, toujours excessif; même très élégant, l’ensemble finit par produire un effet légèrement trash. C’est auprès des nombreuses enseignes qui ont pignon sur rue que l’on peut trouver les vêtements et le style qui font tout le charme des anglaises et dont Top Shop est, à de nombreux égards, le plus beau fleuron. Ce n’est pas un hasard si le visage anglais le plus célèbre de la mode, Kate Moss, a créé sa ligne (remarquée par Lagerfeld) sous cette enseigne. Il est dépassé de dire que les femmes anglaises sont mal habillées. Pour en avoir la preuve, il suffit de se promener dans les rues de Londres. Et tant pis, perdus sont ceux qui continuent de penser le contraire.

Des souliers à boire

Vendredi, novembre 14th, 2008

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La nouvelle campagne publicitaire pour le Côtes du Rhône en Grande-Bretagne joue sur une assimilation visuelle entre des escarpins rouges et un verre rempli de vin. Le chic de la couture et la tradition viticole nationale sont réunis dans une même image; fantasme du savoir-vivre et du goût français.

Robe paillettes Jacques Heim

Jeudi, novembre 13th, 2008

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heim_pailettes2Jacques Heim circa 1965 (collier Lanvin)

Robe courte, cintrée, à manches longues et col en V, entièrement couverte de paillettes. Un mélange entre habillé et sport qui est plutôt rare pour le milieu des années 60, auquel pourtant beaucoup de couturiers ont recours aujourd’hui (Jean-Paul Gaultier, Stella McCartney…). L’impression est complète puisque les bords blancs rappellent le style des pull-overs cricket dont la fausse ceinture forme le bas. La robe est en vente chez Renaissance, splendide boutique de vintage à Saint-Germain-des-Près. La propriétaire très accueillante, Corinne Than-Trong, propose en exclusivité un large choix de pièces uniques d’époque. Adresse incontournable pour se plonger dans l’histoire du costume; l’occasion de redonner vie aux modèles du passé.

En toute simplicité

Mercredi, novembre 12th, 2008

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choo_bordeaux

choo_coffeeJimmy Choo

Il y a des femmes qui ont fort raison, lorsqu’elles s’habillent, de commencer par choisir leurs souliers. Ce sont eux qui vont déterminer tout le reste.
Les chaussures de créateur sont envoûtantes par leur inventivité, mais parfois on a aussi besoin d’escarpins plus simples et qui soient en même temps de haute qualité et impécables en ce qui concerne le goût. C’est la philosophie de Tamara Melloni et Jimmy Choo, bottier originaire de l’East-End londonien. Ce dépouillement peut être exigé parfois par le milieu, d’autres fois par le style ou tout simplement par l’envie. Choo propose à côté de modèles plus travaillés, des souliers plus classiques à l’aspect équilibré, parfaitement proportionnés, d’une haute exigence technique et qualitative, en un mot irréprochables. Certains modèles sont même disponibles en différentes hauteurs de talon pour mieux s’adapter à la situation. Rien ne dit que les modèles plus sobres sont plus ennuyeux, ils peuvent même exalter une allure ou mettre en valeur d’avantage les jambes de celles qui les portent.

David Lynch et Louboutin

Mardi, novembre 11th, 2008

lynch_louboutin2Photo Martin Piazzon

L’exposition de Lynch en 2007 à la Fondation Cartier pour l’art Contemporain a donné naissance à une collaboration avec Christian Louboutin. Le créateur de souliers a dessiné une collection «fetish» spécialement pour l’occasion dont sont issues les ballerines de couleur rose poudre. La semelle a été remplacée par du nylon ce qui permet de voire la cambrure du pied. Le talon rouge sang crochu (des petites cornes de diablotin ?) empêche tout déambulation vérticale. Des chaussures immettables … mais qui a dit que les chaussures ne servent qu’à marcher? Attributs de danse par excellence, les ballerines de Louboutin interprètent le corps féminin autrement

lynch_louboutin1Photo David Lynch

L’effet recherché avec des talons hauts est entre autre de souligner les fesses et de cambrer le dos. Louboutin pousse la recherche à son paroxysme. Empêcher de marcher pour faire et montrer autre chose.

Pourquoi un corset ?

Lundi, novembre 10th, 2008

AIRF_0807070_Corset1_FR_287x215.qxd_NAir France 2008

En cette fin 2008, on peut découvrir placardée sur les murs de la capitale une campagne publicitaire pour Air France dont l’une montre une femme aux cheveux blonds avec un chignon un peu rétro et un corset. Mais pour quelles raisons un corset devient-il aujourd’hui le symbole de Paris, capitale de la mode et du glamour, après plusieurs vagues de libération du corps féminin? Il est vrai qu’objet désuet, il a été remis au goût du jour par Dita von Teese par exemple ainsi que par quelques marques de lingerie féminine qui l’ont intégré dans leur catalogue. Mais globalement, les corsets ont entièrement disparu de notre vie quotidienne. Image du passé, au parfum même d’ancien régime, la sensation est restée vivante. A tel point qu’Air France peut utiliser l’image d’un corset qui est en train de se défaire pour suggérer la relaxation, le bien être ainsi que le raffinement à bord de ses avions.

Pygmalion et la danseuse gogo

Dimanche, novembre 9th, 2008

margiela_gogo

Maison Martin Margiela, PE 09

Lors du défilé, surgit du noir sur un chariot un mannequin en danseuse gogo qui, appuyé sur une barre, se tient sur des talons vertigineux. Les jambes, couleur blanc marbre, sont découpées par un spot alors que le reste du corps est enveloppé dans la pénombre.
La passerelle comme la piste de danse sont des lieux ou se rencontrent monde réel et monde imaginaire. La femme de chair incarne un désir fantasmé. Moyen de locomotion, sujet d’attention des couturiers, les jambes ne sont plus mises en valeur mais elle deviennent ici sujet de mode en tant que tel. Les vêtements qui défilent sur la passerelle ne trouveront leur vrai moi qu’au contact avec le monde réel. Tout en étant identifiable, la danseuse gogo comme le mannequin de défilé restent anonymes car porteurs d’un récit qu’ils habitent le temps d’une représentation.

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