Archive - octobre, 2008

The little strumpet

Vendredi, octobre 31st, 2008

petite_salope

La petite salope est une griffe anglaise créée et dessinée par Nicola Helgesen depuis 2001. Son travail est une variation sur le thème de « la petite robe noire » dont le but recherché n’est pas forcément l’innovation mais plutôt l’ambition d’habiller des femmes dans son temps et qui affirment leur individualité.

Robe sans manches en satin à col rond qui couvre légèrement les genoux. La taille haute est marquée par une ceinture qui, en formant des plis, produit un effet suranné ; effet pour lequel la couleur n’est pas absente.
Le charme de l’ensemble est produit par le jeu entre la robe et les escarpins ouverts portés avec des grosses chaussettes. Espiègle, voire effrontée, la jeune femme tient tête. Un glamour de garçon manqué qui ne manque pas de mettre en relief un certain type de féminité.

Marc by Marc Jacobs, AH 08, #684912

Jeudi, octobre 30th, 2008

jacobs_plexi

Marc Jacobs est maître dans la récupération vintage. En remplaçant un talon classique par un talon en plexiglas rose translucide, il rajeunit un modèle à l’air déjà-vu partout. Le modèle, peu gracieux ce qui lui donne un aspect légèrement gauche est dynamisé par un rien qui lui donne du pep’s. Une bottine qui est appréciée par sa commodité en devient hardie avec un effet de flottement fluo.

Un malentendu par paresse

Mercredi, octobre 29th, 2008

Les termes fétichisme ou fétichiste sont de nos jours utilisés avec abondance. On les rencontre partout et à toute occasion. Malheureusement souvent de manière mal appropriée en éludant la différence entre un fétichiste et un amoureux.
Un fétichiste est transporté malgré lui par sa passion. Un amoureux pense son désir. Il est sans cesse en quête de la perle rare. Sa passion lui permet de frictionner son goût. Fétichiste on l’est presque malgré soi alors qu’amoureux, on le devient par choix.
Souvent fait, le lien entre mode et fétichisme ne va pas de soi. Il est basé sur un malentendu. On suppose la mode frivole, sans profondeur, alors que c’est un objet culturel comme les autres.

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Gianvito Rossi – Carbon Collection

Mardi, octobre 28th, 2008

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Sandales minimales, ultra-légères à la l’imite de l’effacement pour abandonner le devant de la scène à l’extrémité des jambes. Les strass pour attirer notre regard. Tendrement attachées à la cheville, juste ce qu’il faut pour permettre que le mouvement du pied et des orteils s’offre en spectacle. Ce n’est pas sans malice que ce type de chaussure est appelé aussi nu-pied.
En contraste avec la forme dure et anguleuse, la lanière souple sert de trait d’union avec le mouvement du corps.

Svelte et sûre, elle rebondit sur le macadam.

Maison Martin Margiela, AH 08

Dimanche, octobre 26th, 2008

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Le fait d’être enfoui derrière l’énorme col met en évidence les jambes en les faisant ressortir. Mais cet effet est amplifié par d’autres éléments. Le poids concentré autour des épaules, les articulations du cou et du torse cachés ne font que mettre en évidence la vivacité des jambes.  L’effet renforcé par les collants imprimés résilles à apparence électricité optique. La nervosité produite par les collants s’oppose à celle du mohair, beaucoup plus douce.
Le pull « cône » va s’affinant pour terminer en ligne. L’échine des bottes, rigidifie le mouvement.

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Le corps disparaît emmitouflé dans un trench en laine d’alpaga et le col en mohair, matières chaudes et souples. Une silhouette difforme, avec un col surdimensionné qui fait remonter les épaules jusqu’aux oreilles. Cachée, la féminité s’éclipse presque entièrement derrière un jeu entre disparition et embuscade pour ne subsister que dans la douceur des matières.
Mais que cache-t-elle glissée dans ses cuissardes en cuir ?

Vicomte Arthur : Paris – Palm Beach

Samedi, octobre 25th, 2008

vicomte-arthur

Quand on choisit des modèles classiques (polos, chemises, cravates, etc.) avec en plus des couleurs flash bonbon,
Quand on brise des conventions avec un rien,
Quand un projet de couture persuade par sa simplicité,
Quand surtout la mode devient politiquement incorrecte (vue de France),

…une attitude devient forme.

D’une distinction à une autre

Vendredi, octobre 24th, 2008

Longtemps le vêtement a été le signe distinctif indexé sur les classes sociales. Comme une barrière de tissu infranchissable, à chaque classe son costume. Au cours du XXe siècle, les pistes se sont brouillées, le vêtement a finalement servi à gommer les distinctions sociales pour mieux révéler des distinctions plus subtiles : l’élégance, l’esprit, … Par sa manière de s’habiller, l’individu façonne son destin social en se glissant dans ce qu’il pense de lui et des autres – un microcosme qui reflète le macrocosme.

Virtuel & Réel

Jeudi, octobre 23rd, 2008

Viktor & Rolf, ce ne sont pas les premiers à le faire, ont décidé de présenter leur dernier défilé, PE 09, en ligne. Pour le duo, le futur de la mode se jouera sur la toile. On peut opposer à cette vision cybernétique le fait qu’il est impossible de transposer les images virtuelles, l’atmosphère et les expériences humaines créées lors du défilé. Pourtant il s’agit moins de transposer que de faire autre chose. D’ouvrir à d’autres possibles.
Un défilé en moyenne dure moins de vingt minutes. Les modèles défilent à grande allure devant les spectateurs. Alors que l’outil informatique permet d’approfondir le regard, de pénétrer avec plus d’acuité dans l’univers du créateur en développant une réflexion sur notre immédiateté contemporaine à travers le prisme de la couture. Multiplier les points de vue, permettre au regard de venir et revenir, n’est-ce pas cela la culture ? La toile devient le musée imaginaire idéal de la mode. Une mémoire qui croise de manière infinie ses souvenirs. La mode en se dématérialisant ne fait qu’entrer davantage dans la réalité, et vivre toujours plus une pensée en mouvement.

Jus

Mercredi, octobre 22nd, 2008

jus_fordTerry Richardson pour Tom Ford

La photo publicitaire conçue par Tom Ford pour le lancement de son dernier parfum homme est hautement explosive, elle ne circule d’ailleurs que sur la toile. C’est une image chargée d’une symbolique érotique et sexuelle forte.
Nous apercevons le buste d’une femme allongée sur le dos, les jambes amplement écartées. Le sexe parfaitement épilé a pour seule couverture le petit flacon parfumé, les mains aux ongles rouge shock érotique et aux doigts ruisselants font songer immanquablement à des effusion corporels. C’est un parfum d’homme entre les jambes d’une femme.
Le parfum développe des notes boisées, cèdre et patchouli ; il est assez classique pour un parfum masculin. Il correspond à la vision que Tom Ford se fait de l’homme. Quelle est d’ailleurs la place de l’homme dans cette publicité ? Invisible, il n’y figure que par son symbole, c’est-à-dire par sa senteur, le flacon rempli du précieux jus. On ne peut pas manquer l’analogie évidente entre la rondeur du capuchon et le bouton de Venus. La femme, loin d’être objet, reste maîtresse de son désir. Le regard de l’homme sur le corps de la femme, et vice versa, nourrit un désir partagé. C’est le rêve de l’homme depuis l’origine du monde.

La Guerre des deux roses

Mardi, octobre 21st, 2008

mcqueen_plastronAlexander McQueen pour Givenchy, AH 99 (cuir pressé)

Il existe plusieurs histoires du costume et donc de sens. Elles ont pour particularité de ne se dérouler pas toujours chronologiquement mais le plus souvent parallèlement en s’entrelaçant.

D’un côté on trouve la femmes moderne, active, débarrassée du carcan qui enfermait son corps. Libre de ses allers et venues, le mouvement a été en grande partie initié par Coco Chanel. Mais il y a aussi la femme qui vit ce carcan comme un libre-arbitre car c’est son profond ressenti. Elle s’accorde la liberté de restructurer son corps, de contraindre le mouvement, de s’imposer une démarche. C’est aussi une liberté de travailler et de penser son propre corps, d’expérimenter les limites physiologiques mais aussi sociales. Découvrir des richesses insoupçonnées en vivant pleinement son habit.
Il arrive que, pas toujours séparées, ces deux femmes soient la même.

Nous assistons tous les jours à cet entrelacement. Et après tout cette liberté, ne serait-elle pas une liberté d’Ancien régime ? La liberté n’est pas toujours là où on la supposerait naturellement.

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